Lieder pour deux
par Susanne Krekel
Schwarzenberg 25.08.2025 - Sophie Rennert, mezzo-soprano et Ludwig Mittelhammer, baryton, nous sont venus du Gärtnerplatztheater de Munich, où ils sont membres de l’ensemble.
Pour leur récital, ils ont concocté un programme intelligent et charmant. La première partie raconte une histoire d’amour en dix-sept lieder de Robert Schumann. La ballade «Der Handschuh», sur un texte de Schiller, ouvrait la danse, pour ainsi dire. D’une voix lisse et crémeuse, Sophie Rennert nous a raconté, comment un jeune chevalier est mis au défi par sa belle de récupérer son gant, tombé dans l’arène où a lieu un combat de fauves. Le chevalier s’exécute, descend parmi les animaux, reprend le gant. Quand elle lui assure son amour en échange, il lui le jette à la figure. «Je ne veux pas de votre amour!» «Der Hidalgo» et «Der Schatzgräber» mettent en scène des personnages masculins, présentés avec verve par Ludwig Mittelhammer. Ensuite Sophie Rennert présentait un autre personnage féminin, une jeune fille qui en l’absence de sa mère, consulte les cartes pour y lire l’avenir. Ainsi, les protagonistes étaient sur scène. S’ensuivaient les scènes habituelles : compliments et louanges («Märzveilchen» et «Du bist wie eine Blume»), un «Tanzlied», désaccord et réconciliation («Mädchen-Schwermut», «Dichters Genesung»), une sérénade («Er und Sie»), approfondissement des sentiments («Aufträge», «Mein schöner Stern», «Nachtlied», «Sehnsucht»), exhortation à la fugue («Entflieh mit mir und sei mein Weib»), et finalement, le consentement de la belle («Unterm Fenster»). Les belles mélodies de Schumann étaient interprétées soit par Sophie Rennert, soit par Ludwig Mittelhammer, parfois en duo - toujours avec expressivité, parfaitement articulé, musicalement impeccable - bref, adorable.
La seconde partie était consacré à Franz Schubert et à des ambiances plus sombres. Nostalgie, Sehnsucht, le passage du temps, finalement la mort, tels étaient les thèmes abordés. De nouveau les interprètes ont été formidables, que ce soit Sophie Rennert qui nous évoquait un «Winterabend» plein de nostalgie, ou Ludwig Mittelhammer qui galopait «Auf der Bruck» vers sa bien-aimée avec une telle intensité qu’on croyait voir la forêt nocturne, le cheval fumant, les sourires des demoiselles que le narrateur laisse de côté… Deux couchers du soleil - «An die untergehende Sonne» et «Im Abendrot» - laissaient entrevoir la fin, fin du jour, fin de vie. Finalement la mort fit son apparition, dans «Nachtstück», chanté par Sophie Rennert de manière poignante. Et après le duo final «Der Tod und das Mädchen» le public a gardé un silence ému prolongé, avant d’éclater en applaudissements chaleureux et amplement mérités. Un bis, en duo «Liebe ist ein süßes Licht» allumait une étincelle de joie et on pouvait partir, émus et consolés.
